Les causes de la dyslexie sont désormais établies

Une étude, menée par des chercheurs de l’Inserm et du CNRS, a révélé qu’une seule anomalie au niveau du cortex auditif pourrait être à l’origine des trois manifestations de la dyslexie.

Une anomalie cérébrale

Les résultats de la recherche publiés le 21 décembre dernier levant le voile sur une possible cause unique de la dyslexie. Ce trouble, qui toucherait selon l’OMS, 8 à 12 % de la population mondiale, est lié à une difficulté à identifier les lettres, les syllabes ou les mots, et ce, malgré une scolarisation normale.

Les chercheurs ont enregistré l’activité cérébrale de 44 adultes, dont 23 dyslexiques, pendant qu’ils écoutaient un son présentant des variations d’amplitude allant de 10 à 80 Hz. La capacité des cortex auditifs droit et gauche à « osciller » avec le son qui les stimulait a ensuite été analysée. Chez les non-dyslexiques, les cortex auditifs fonctionnaient correctement, le cortex gauche des dyslexiques était moins sensible aux sons autour de 30 Hz.

Or, il faut savoir que l’hémisphère gauche du cerveau est spécialisé dans l’analyse du langage. Ce défaut de sensibilité expliquerait les difficultés pour les dyslexiques à nommer rapidement des images. Leur cerveau est en revanche plus sensible aux rythmes rapides. Néanmoins, il faut rester prudent quant à des applications immédiates pour un meilleur traitement de la dyslexie.

« On a peut-être mis le doigt sur quelque chose d’important. Mais c’est tellement nouveau qu’il est difficile de dire à l’avance si ça va aboutir ou pas à des applications thérapeutiques », explique Franck Ramus, chercheur en sciences cognitives au CNRS

Un obstacle éducatif

Ce trouble se manifeste en l’absence de déficits visuel, auditif ou intellectuel. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), c’est 5 à 15 % des enfants dans le monde qui sont touchés par la dyslexie. Celle-ci peut amener des difficultés dans l’écriture (dysgraphie). Néanmoins, une prise en charge adaptée permet au dyslexique de poursuivre une scolarité normale