Le Conservatoire de l'école publique ferme ses portes au privé

Au cœur de Rennes, le Conservatoire de l'école publique propose de redécouvrir une classe d'autrefois. En interdisant son accès aux élèves issus du privé, le Conservatoire a relancé une sorte de nouvelle guerre entre école privée et publique.

Le retour d'un clivage privé/public

Le conservatoire est un musée, situé au cœur de Rennes, créé par les délégués Départementaux de l'Éducation nationale de l'Ille-et-Vilaine (DDEN 35) qui sont issus du Comité national d'action laïque.

Il propose aux enfants de redécouvrir les classes de l'époque avec un pupitre en bois, un encrier. Un instituteur en blouse propose des exercices d'écriture à la plume avec buvard.

En avril 2011, une enseignante de CE1 de l'école Saint-Joseph de Chantepie, près de Rennes, veut que ses élèves visitent le Conservatoire.

C'est alors qu'on lui a répondu que le Conservatoire ne recevait que les groupes scolaires de l'enseignement privé.

Marie-France Beaugendre, l'institutrice raconte : « J'ai téléphoné pour prendre rendez- vous. On m'a répondu que le Conservatoire ne recevait pas les groupes scolaires de l'enseignement privé ! »

Pourtant, le site internet indique que ce Conservatoire est ouvert à tous « Gratuit pour les scolaires des écoles publiques et 2 € pour les autres. »

Le président de la DDEN 35, Jean-Louis Robert se montre à la fois catégorique et nuancé. « Nous ne voulons pas que des élèves de l'enseignement catholique puissent accéder à notre Conservatoire. C'est dans nos statuts, et c'est comme ça ! » s’est-il justifié.

Il précise « se déroulant sur le temps scolaire, les visites doivent s'inscrire dans un projet pédagogique qui doit faire prendre conscience du travail remarquable des anciens instituteurs. »

Cette discrimination est encore plus surprenante quand on sait que le musée bénéficie d'un financement public: la mairie socialiste de Rennes prête les locaux, et le conseil général socialiste d'Ille-et-Vilaine subventionne l'initiative.

Le maire de Rennes et le président du conseil général ont condamné l'attitude de la DDEN.

Le directeur de l'enseignement catholique du département Ille-et-Vilaine « regrette la polémique, et la posture, un peu d'un autre âge. Les enfants, même s'ils sont scolarisés dans l'enseignement catholique, doivent avoir accès à l'histoire de leur pays, y compris celle de l'école laïque ».

L'AGRIF (l'Alliance Générale contre le Racisme et pour le respect de l'Identité Française et chrétienne) a, elle, décidé de porter plainte face à cette discrimination.

Suite à cette polémique, et étant dans l'incapacité de faire face à cette situation inédite, le conservatoire a provisoirement fermé ses portes.