Les jeunes testent les drogues et l'alcool dès le collège

Une enquête internationale sur la santé des jeunes de 11 à 15 ans montre un rajeunissement des prises de risque. En effet, l'enquête HBSC menée par l'OMS démontre qu'à l'entrée au lycée, certaines consommations sont déjà ancrées.

Des addictions de plus en plus précoces

C'est entre la 6e et la 3e que la rencontre avec les produits psychoactifs les plus courants a lieu.

En effet, pendant ces années déterminantes, les enfants s'initient au tabac, au cannabis et connaissent leurs premières ivresses alcooliques.

Ainsi, entré au lycée, certaines consommations régulières sont déjà ancrées, alors que les générations précédentes faisaient ces expériences plus tard.

L'enquête montre que l'alcool est le seul produit psychoactif que les jeunes découvrent en famille.

À l'entrée en sixième, près de 60 % des élèves ont déjà bu de l'alcool et ce taux progresse tout au long des « années collège ».

Pendant cette période, les ivresses augmentent fortement, les garçons étant plus précoces encore que les filles.

7 % des élèves de 6e ont déjà été ivres, contre 34 % en 3e.

« Retarder le plus possible l'âge de l'expérimentation permettrait de minimiser le risque de passage à des consommations abusives précoces », déclare le Dr Emmanuelle Godeau, responsable de l'enquête pour la France.

En ce qui concerne le cannabis, en 2010, un collégien sur 10 déclare en avoir déjà consommé.

À l'entrée au lycée, un adolescent sur quatre a déjà fumé ce toxique, ce qui place la France dans les six pires pays du classement international HBSC.

Le pédopsychiatre Stéphane Clerget explique : « le collège est un univers hostile, difficile, qui facilite l'accès aux toxiques. En outre, les adolescents connaissent à ce moment de leur vie une multitude de ressentis, qui les déstabilisent. »

Le tabac, lui, est découvert généralement par les jeunes au collège. En effet, en fin de 3e, un élève sur deux aura fumé au moins une cigarette et plus de 15 % seront devenus des fumeurs quotidiens.

Chez les jeunes filles, qui testent ce produit plus tard que les garçons, le tabagisme quotidien s'accélère en 4e et devient comparable à celui des garçons.

L'enquête fait néanmoins apparaître une stabilité des usages depuis 2006.

« C'est très surprenant, car cette génération d'élèves est la première qui a connu l'interdiction de la vente de tabac aux moins de 16 ans. En fait, l'application de cette mesure n'a pas eu d'impact » déclare le Dr Godeau.

Cette enquête internationale HBSC a été réalisée par l'OMS et a impliqué plus de 200 000 jeunes.

Ainsi, il a été montré que malgré une meilleure santé des adolescents qu'avant, les comportements nuisibles tendraient à augmenter pendant le collège