Les CM2 évalués en fin d’année

Lancée en 2009, l’évaluation des compétences en CM2 se déroulait jusqu’alors en janvier. À partir de 2012, elle se déroulera en juin. Une idée qui passe mal du côté des syndicats d’enseignants, regrettant une évaluation pas assez « éducative ».

Des évaluations contestées dès leur début

Les évaluations nationales en primaire s’inscrivent dans une volonté commune de lutter contre l’illettrisme. Ainsi le gouvernement prévoit, par le biais de ces procédés, un suivi régulier et particulier de chaque élève, dès la fin du CE1 et jusqu’au collège, puisque d’autres évaluations sont prévues prochainement en 5e.

Là où le bât blesse, c’est qu’entre bilan et actions on ne sait plus que choisir. En effet, depuis leur lancement en 2009, les évaluations en CM2 étaient ainsi pratiquées en janvier. Une date jugée alors inadaptée par les parents d’élèves, la FCPE jugeant alors le dispositif de « mauvais exercice parce qu’il place les choses au plus mauvais moment. C’est évident que si on fait un bilan des acquis du CM2 en janvier, on tire un peu à côté de la cible ».

Bilan ou diagnostic ?

Pour autant, l’annonce du report de ces évaluations au mois de juin n’a pas fait que des ravis loin de là. Les syndicats craignent ainsi, non plus une inefficacité du dispositif, mais plutôt un détournement au titre d’une sélection malvenue pour l’entrée au collège.

Ainsi, pour le syndicat d’enseignant SNUipp, « en fin d’année, on est sur des évaluations faites pour classer et sélectionner les élèves, pas pour les aider à progresser et aider leurs enseignants », a-t-il ajouté. Une critique reprise par le syndicat Se-Unsa pour qui," les évaluations doivent être au service des apprentissages des élèves, et non de la sélection et des statistiques ministérielles ». Pour ce dernier, il est fondamental de revenir « à des dispositifs nationaux d’évaluations diagnostic en début de CE2 et de CM2 ».

Outre ces craintes, les syndicats et parents d’élèves souhaitent avant tout une évaluation plus pédagogique, tenant plus du « diagnostic », estimant qu’un bilan à ce niveau ne correspondait pas à grand-chose et ne permettait pas d’engager une action éducative assez tôt

Pour le ministre de l’Éducation nationale, ce choix n’a rien d’une sélection, mais tiens uniquement du bilan. « Nous avons fait le choix d’une évaluation bilan parce que notre système éducatif, pendant trop longtemps, a manqué de moyens de s’apprécier, de se comparer et c’est très important de l’avoir au niveau national, à la fin de la scolarité obligatoire de premier degré. [...] Je pense que nous avions besoin d’une évaluation plutôt tournée vers le bilan qui fasse le point sur le premier degré avant l’entrée au collège ».

Luc Chatel a également souhaité apaiser les candidats en assurant que « cette évaluation se passera après l’affectation des élèves en 6e ».