Port du voile et sorties scolaires : le gouvernement hésite

Prônée par les ministres de l’Éducation et de l’Intérieur, l’interdiction du port du voile pour les mères accompagnatrices de sorties scolaire n’est pas encore actée. Une décision suspendue par le 1er ministre lui-même.

Une laïcité qui divise

N’en déplaise au ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel ou au ministre de l’Intérieur Claude Guéant, la circulaire interdisant aux mères accompagnant leurs enfants en sortie scolaire de porter le voile ou toute autre distinction religieuse, ne devrait pas voir le jour avant la rentrée prochaine et encore.

Opposé à une extension de cette laïcité par le vide, le 1er ministre François Fillon a préféré suspendre le débat. Pour ce dernier," ce serait très douloureux pour les enfants de voir leurs mères écartées des sorties ».

Pour mémoire depuis mars 2004, une loi interdit le port de tous signes religieux ostensibles dans les écoles, collèges et lycées publics. Ainsi en sortie scolaire cette loi ne s’applique pas aux parents et accompagnants extérieurs.

Pour M. Chatel et M. Guéant, l’accompagnement scolaire vaut titre de « collaborateur occasionnel du service public » et induit un même rapport à la loi que les fonctionnaires et personnel des établissements scolaires. Souhaitant plancher sur le sujet, Matignon a reporté le débat à la fin de l’été, rappelant que la loi sur l’école ne concerne que les élèves. Et il n’est pas sûr que les parents accompagnateurs aient le statut de collaborateurs occasionnels du service public ».

Les associations ni pour ni contre

Au sein des familles et des enseignants, le débat fait également rage. Certains soutiennent la démarche à l’image du syndicat Unsa en faveur d’une règlementation, une loi » permettrait d’éviter les tensions", cependant « il faudra prendre le temps de l’expliquer, de diffuser le message, avant de l’appliquer ».

Pour la fédération des conseils des parents d’élèves (FCPE) on se place plutôt du côté des mères voilées, tandis que l’autre fédération de parents d’élèves, la PEEP, sans être farouchement opposé au voile on prône la neutralité.

Entre refus ou acceptation de toutes les religions, la question de la laïcité républicaine semble encore loin d’être résolue.