La fin des concours d’enseignants ?

Dans un rapport qui sera examiné ce mercredi 6 juillet par l’Assemblée nationale, des parlementaires proposent de supprimer les différents concours d’enseignants. Intitulé « il faut réformer la réforme », le rapport prône l’embauche des profs sur entretien.

Vers une embauche entrepreneuriale

Véritable coup de tonnerre dans l’Éducation nationale. La formation des enseignants déjà très largement chamboulée ces dernières années pourrait de nouveau être réformée avec la suppression des concours de l’Éducation nationale.

Pour mémoire, pour pouvoir enseigner, les futurs professeurs doivent actuellement passer en plus de leur formation des concours académiques ou nationaux : le concours de recrutement des professeurs des écoles pour enseigner dans les écoles maternelles et primaires (concours académique) ; le certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré (CAPES) pour enseigner dans les collèges et lycées généraux (concours national) ; le certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement technique (CAPET) pour enseigner les disciplines techniques dans les collèges et lycées (concours national) ; le certificat d’aptitude au professorat d’éducation physique et sportive (CAPEPS) pour devenir professeur d’EPS dans les collèges et au-delà (concours national) d’autres concours « d’excellence » comme l’agrégation permettant d’enseigner dans les établissements de formation ou dans les grandes écoles sont également proposés.

Ainsi et selon un rapport parlementaire, tous ces concours pourraient être amenés à disparaitre au profit d’un recrutement par entretien et par établissement. Les parlementaires proposent en effet de « confier aux autorités académiques ou aux établissements le soin de recruter sur la base d’un entretien professionnel les enseignants. Depuis 2010, les candidats doivent être titulaires d’un Master 2 (BAC +5). Dans le rapport, cette condition de diplôme reste maintenue

Pilotée par le député du Doubs Jacques Grosperrin, la mission d’information de l’Assemblée nationale sur la formation des enseignants défendra son rapport intitulé “il faut réformer la réforme” dès mercredi devant la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale.

La profession divisée

S’il ne présente à l’heure actuelle que des propositions, le rapport fait néanmoins réagir de nombreux syndicats et enseignants, ces derniers se trouvant particulièrement divisés sur la question, applaudissant une possible meilleure prise en compte des compétences réelles d’enseignement, ou craignant l’arrivée d’une éventuelle privatisation du professorat.