L’éducation française à nouveau fustigée par l’OCDE

Le dernier rapport de l’OCDE sur l’éducation française montre à nouveau de gros points faibles notamment sur les dépenses engagées à ce titre, le salaire des enseignants et les inégalités sociales. La majorité fulmine.

L’Éducation nationale mauvaise élève de l’OCDE ?

Sans prendre de gants, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dresse un portrait assez négatif du système éducatif français dans son rapport annuel intitulé « Regards sur l’éducation ».

Sur les taux de scolarisation, l’organisation dénonce une diminution dans la classe des 15-19 ans en France (84 %), un taux qui aurait ainsi diminué de 5 points en 6 ans alors même qu’en moyenne l’OCDE affiche une augmentation de 8,9 %. Plus encore, l’OCDE ne constate aucune amélioration depuis 1995 au sujet des jeunes sortant du système éducatif sans aucune qualification. Un chiffre « constant depuis des années, à 140.000 par an » martèle le directeur adjoint de l’éducation au sein de l’organisation, Bernard Hugonnier.

Mais l’OCDE ne s’arrête pas là et regrette également un déséquilibre dans les dépenses d’enseignement avec notamment une diminution de la part de budget alloué à l’Éducation par rapport au budget total. Sur le salaire des enseignants en valeur réelle, c’est-à-dire en tenant compte de l’inflation, le constat est également amer. Pour Éric Charbonnier expert à l’OCDE depuis 1995, ce salaire « a diminué en France, alors même qu’il est déjà inférieur à la moyenne ».

Même constat du côté de la prise en compte et le traitement des inégalités sociales. Pour Bernard Hugonnier, « nous sommes très loin de cette école républicaine que nous clamons beaucoup en France en ce moment. Sur les 34 pays de l’OCDE, la France est l’un des deux pays où le milieu familial pèse le plus ».

Les politiques voient rouge

Touchés de plein fouet par ce rapport, les hommes de la majorité réfutent une grande partie de ces résultats. Pour Jean-François Copé , porte-parole de l’UMP, les informations et données dévoilées par le rapport sont « déformées et partiales », et jonchées d’« imprécisions choquantes ».

Déni également du côté du ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel, selon qui l’étude n’aurait pas pris en compte toutes les données dans le calcul du salaire des enseignants notamment les primes et heures supplémentaires effectuées.

Pour l’OCDE, l’éducation française pourrait être l’une des causes de ses difficultés économiques. « Avec ces résultats, on peut comprendre que la France ait quelques problèmes de croissance et de compétitivité », commentait ainsi M. Hugonnier.