Un projet d'évaluation du comportement dès la maternelle

Suggéré par l'Éducation nationale, un projet d'évaluation des acquis en fin d'école maternelle, suscite un véritable tollé du côté des professionnels de l'éducation, du corps d'enseignants et des parents d'élèves.

Les enfants "à risques" identifiés dès la maternelle ?

Déjà abordé il y a quelques années le concept d'évaluation dès la maternelle pourrait être mise en place dès cette année. Selon le quotidien Le Monde, le ministère de l'éducation nationale aurait commencé dès mercredi à entretenir les inspecteurs à ce sujet. Un livret protocolaire d'"Aide à l'évaluation des acquis en fin d'école maternelle" aurait ainsi été publié en interne.

Concrètement l'évaluation tiendrait en 3 phases :

  • une 1ère phase dite de "repérage" étendue ente novembre et décembre et pendant laquelle, l'enseignant s'évertuerait à étudier le comportement, les éventuels défaut de langage et de motricité ;
  • une 2ème phase d'entraînement progressif, particulièrement ciblé sur les élèves perçus comme "à risque" lors de la phase 1 ;
  • une 3ème et dernière phase dite de "bilan", avec une évaluation des acquis via des "séries d'épreuves collectives ou en petits groupes – d'une durée d'environ trente minutes

Pour les opposants, ce n'est pas l'évaluation en elle même qui pose problème , mais vraiment le catalogage a peine sous entendu. Une pilule d'autant plus dure à avaler que les résultats par écoles pourraient être rendus publics dans une certaine mesure, instaurant de fait un processus de compétition. D'après le livret protocolaire "les taux nationaux de réussite seront calculés sur échantillon représentatif et diffusés pour permettre à chaque école de se situer par rapport à une valeur nationale".

"Les enseignants savent très bien identifier les enfants qui ont besoin d'un accompagnement particulier. Ils n'ont nul besoin d'un dispositif inadapté qui va transformer la maternelle en structure de sélection, alors qu'elle n'a pas vocation à trier les élèves" déplore ainsi le secrétaire général du syndicat enseignant SE-UNSA, Christian Chevalier.

Pour beaucoup, le spectre d'une possible exploitation par un tierce organisme de ces données est bel et bien présent.

Les prochaines rencontres entre Luc Chatel et les inspecteurs pourrait s'avérer décisif sur la validation ou non de ce programme d'évaluation. Affaire à suivre donc.