Toulouse : un accompagnement particulier pour les enfants en deuil

Un groupe de parole pour les enfants en deuil a été créé par des spécialistes à Toulouse. C'est une première en France. Ces groupes sont lancés après le constat qui a été fait comme quoi les enfants qui ont perdu un frère, une sœur ou un parent doivent souvent se débrouiller face à leur douleur.

Des groupes de paroles mis en place par des pédiatres

C'est l'équipe d'Agnès Suc, responsable du centre de soins palliatifs pédiatriques à l'hôpital des enfants de Toulouse-Purpan et animatrice du Réseau Enfant-Do en Midi- Pyrénées qui est à l'origine de cette initiative. Ces groupes de paroles ont pour nom « Histoire d'en parler », ils ont lieu en petits groupes de six à dix enfants, âgés de 6 à 15 ans, et se tiennent à l'hôpital la Grave.

La famille et l'enfant passent d'abord un entretien auprès d'un pédopsychiatre et un pédiatre. Ensuite ,les ateliers sont animés par des thérapeutes. Les rendez-vous ont lieu une fois par mois, et ce, pendant 4 mois.

« Les enfants échangent entre eux et mettent des mots sur la douleur psychique qu'ils contenaient jusqu'alors en silence. Durant une heure et demie, ils partagent un point commun : le deuil. Ces groupes ne sont pourtant pas tristes, même si les émotions transmises sont très fortes », explique Agnès Suc.

Quatre types d’ateliers sont proposés avec pour thèmes le dessin, le collage ou encore le modelage de terre. Celui du mandala des émotions par exemple consiste à montrer son état psychique, à renfort de couleurs. Les dessins créent des dialogues entre les enfants et permettent aux animatrices de prendre connaissance de leur vécu, grâce à leurs propres images et à leurs propres mots. « Certains dessinent le parking du CHU, car c'est ce qu'ils retiennent du décès d'un proche », explique Isabelle Blandin, psychologue.

Aujourd'hui, en France, c'est 800 000 jeunes de moins de 25 ans qui sont concernés par la perte d'un proche. Ces groupes ont été financés avec l'aide de la fondation APICIL de lutte contre la douleur et OCIRP de protection de la famille. Cela revient à 20 000 euros par an. Le but de ces ateliers est donc de soulager les enfants d'un poids et de les écouter. « L'idée, c'est qu'ils ne soient pas persécutés de l'intérieur par un traumatisme » déclare Michel Vignes, pédopsychiatre