Redoublement : l’OCDE rassure les opposants

En publiant une note sur le redoublement scolaire, son coût et ses effets, l’OCDE a donné de nouveaux arguments aux opposants à ce dispositif. La France est ainsi classée à la cinquième place l’utilisant le plus parmi les membres de l’OCDE.

La France mal notée

Comme chaque année, le débat sur le redoublement et son efficacité est lancé au sein des différentes institutions françaises. Cette année, une nouvelle étude vient renforcer l’argumentaire des adversaires au dit redoublement.

Premier coup de poing de l’étude publiée par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), la France est le cinquième pays à avoir recours au redoublement, juste derrière Macao, la Tunisie, le Brésil et l’Uruguay. Alors qu’en moyenne sur l’ensemble des pays de l’OCDE, 13 % des élèves de 15 ans ont redoublé au mois une fois dans leur scolarité, ils sont 36,9 % en France.

Difficile ensuite de ne pas faire le parallèle avec les performances scolaires. Selon l’étude, « les pays où le taux de redoublement est élevé affichent généralement une performance inférieure et une relation plus marquée entre le milieu social et les résultats d’apprentissage que les pays où ce taux est plus faible ».

Ainsi en Corée du Sud ou en Finlande, pays parmi les mieux notés en terme de performance scolaire, le redoublement n’existe quasiment pas. Tandis que les élèves français, classés 27es sur la culture scientifique et 22es pour les mathématiques et la lecture par l’enquête Pisa 2009 de l’OCDE, sont largement concernés par le redoublement.

Un dispositif qui coûte cher

Si elle ne se prononce pas concrètement pour ou contre le redoublement, l’OCDE présente néanmoins un argument de taille en défaveur des adhérents au procédé. D’après l’étude, le seul redoublement d’un élève coûterait près de 9000 euros en moyenne par an. En cette période de vaches maigres où toute économie est bonne à prendre, le redoublement fait effectivement tache dans les dépenses publiques.

Achevant finalement ces derniers défenseurs, l’OCDE constate que « les systèmes d’éducation qui cherchent à répondre à la diversité des besoins des élèves en faisant redoubler ou en transférant vers d’autres établissements les élèves en difficulté ne parviennent pas à améliorer leur performance globale et, dans certains cas, accentuent même les inégalités socio-économiques ».