ARS : suite à son versement, plusieurs blessés graves dans une ruée en supermarché

Des courses à faire le plus tôt possible, en même temps que le reste Photo : luc legay CC-by

L'allocation de rentrée de scolaire a été versée à partir du 20 aout, et la ruée dans les supermarchés au rayon fournitures a commencé, donnant lieu à plusieurs blessures en France dans les ruées. C'est le cas notamment au magasin Auchan du Havre, qui a vu ses fournitures scolaires pillées en quelques heures mardi 20 août. Un pillage qui a laissé derrière lui 15 blessés dont 2 dans un état grave. Récit.

Une cohue générale

Les agents de sécurité de la grande surface havraise se souviendront longtemps de cette journée. L'annonce du lundi 19 août avait pourtant permis à Jean-Louis Le Trier, directeur du magasin, d'anticiper en tout hâte l'affluence constatée chaque année le jour du versement de l'allocation de rentrée scolaire (ARS). Des précautions qui n'auront pas suffi semble-t-il.

En effet, depuis plusieurs années le directeur prépare le magasin et tout le personnel à la journée fatidique : « Chaque année c'est le même cirque, les familles se bousculent pour être les premiers dans les rayons, avec les enfants dans leurs pattes qui n'arrêtent pas de brailler pour avoir le dernier cahier Justin Bieber. Au bout de seulement quelques minutes dans le rayon, on constate un énervement chez les parents qui augmentent à un rythme exponentiel. »

Une situation qui met à mal le directeur et ses employés, tant les conflits peuvent vite éclater, surtout quand les stocks de fourniture se font rares : « Certains parents craquent littéralement sous la pression de leurs enfants et sont prêts à faire n'importe quoi pour obtenir le cahier ou la trousse demandée. Quand on approche de la rupture de stock vers 16H, la situation se tend immédiatement. Certains se battent pour un dernier cahier, on a constaté également des vols à l'intérieur du supermarché et même des agressions sur le parking. Dans certains cas, des petits malins se débrouillent pour vite repérer les fournitures qui cartonnent et achètent tout le stock du supermarché, pour ensuite les revendre à la sortie à des prix exorbitants. »

Des agents de sécurité en renfort

Jusqu'à la rentrée scolaire, Jean-Louis Le Trier a fait appel à une société habituée des zones de conflits : la BASA, brigade armée de surveillance active. Équipés pour la majorité d'entre eux de taser et d'un tonfa, les agents de sécurité assurent un bon déroulement des achats en calmant rapidement les plus agités. L'un d'eux témoigne : « C'est un job difficile qui demande une grande vigilance pendant plusieurs heures consécutives. Les interventions sont fréquentes et les moins expérimentés sont vite à genoux, c'est pourquoi seuls les vieux briscards sont sur le terrain. ».

Une présence que le directeur du magasin veut rassurante, et qui semble efficace : en un après-midi, ce sont 6 adultes et 39 enfants qui ont été pris en charge par les agents de la BASA, la plupart d'entre eux se trouvent encore à l'hôpital à l'heure actuelle.